Communautarisme. Frein ou atout pour la Nation ?
Le festival de Marie-Galante Terre de Blues est une porte ouverte pour le Pays Marie-Galante sur le reste du Monde. C’est donc presque tout naturellement que le festival a décidé de faire écho à la commémoration du 40ème anniversaire du Pasteur Martin Luther KING qui a consacré l’essentiel de son existence à lutter pacifiquement contre la ségrégation et contre toutes les injustices en général.
Spontanément, nous avions pris l’option de traiter le sujet par la mise en exergue du militant pacifique. Celui qui épouse une noble cause et se donne les moyens non violents d’emporter l’adhésion du plus grand nombre. Et ils sont légion autour de nous : membres actifs d’association, intellectuels ou politiques à être les chevilles ouvrières d’une prise de conscience collective. Le parrain de cette 9e édition, Camille ROUSSEAU, est de ceux là, et les artistes de la programmation aussi.
Seulement, les bouleversements liés à la dernière campagne électorale et des cas de force majeure ont modifié quelque peu le plateau de ce rendez-vous ouvert sur la diversité citoyenne. En recentrant donc les choix de la grille finale, il nous est naturellement venu l’adhésion d’autres artistes qui à l’image de FAUDEL, enfants déracinés, ouvrent la porte à une série de questionnements qui recentre notre attention vers les nouvelles formes d’exclusion auxquelles peuvent être confrontés les populations nées de l’immigration.
Quarante ans après, alors que les Etats-Unis ouvrent les portes de l’investiture à la présidentielle à un candidat noir, a-t-on pour autant dépassé les préoccupations de Martin Luther KING ? N’y a-t-il pas dans notre société de nouvelles formes de cantonnement de groupes de sans-droits ? Les différentes communautés qui composent la société guadeloupéenne participent-elle de manière égalitaire au projet collectif ? Le communautarisme doit-il être vécu comme un frein ou un atout pour la nation ?
Bien entendu, le but du festival ce n’est pas de porter des réponses à toutes ces questions ; nous n’en n’avons ni l’ambition, ni les compétences. Nous essayons simplement de contribuer, par l’intermédiaire des artistes invités, à interpeller les consciences.
